L’ivresse d’un cauchemar

La voilà, splendide comme jamais. A cette date que je crains depuis quelque temps maintenant. Époustouflante, elle brille comme l’astre du jour dans cette robe sirène, couleur de lys, qui embrasse si bien ses courbes. Émerveillé, je la regarde faire son ascension vers l’autel. Mes larmes qui coulent, il n’y a personne pour les essuyer. Le vice qui règne en maître dans mon cœur risque de durer longtemps. Au fond, je la désirerai toujours, femme d’un autre. Tout cela m’apparaît comme un sombre cauchemar. Dans cette histoire, je casse le mythe. Il n’y a ni méchant ni gentil. C’est l’histoire d’une belle et de sa victime.

La descente vers l’enfer

Un jour d’été, le soleil au zénith, les palmiers voltigent sous le vent d’été, le lac s’étend à perte de vue et elle. Telle la huitième merveille du monde, elle a tout de suite capté mon attention. Elle n’a rien de l’allure de ces filles superficielles et branchées dont j’ai appris à me méfier depuis longtemps et qui incarnent dans les contes les rôles des sorcières manipulatrices et sans cœur. Au contraire, j’ai pu aisément l’associer aux belles princesses qui arrivent à gagner l’amour de leur prince charmant et à trouver leur bonheur. Son regard perçant m’envouta depuis le premier jour. Dieu ! que la saison et les couleurs faisaient honneur à sa beauté !

Avec le temps, j’ai éprouvé un réel plaisir à la côtoyer à travers nos messages et nos têtes à têtes. Avec elle, je me sentais léger. Elle me faisait vivre une existence plus douce. Je devenais accro à cette connexion qui m’était devenue vitale, indispensable. Secrètement, je désirais une réciprocité. J’aspirais à être plus qu’un quelconque personnage de son entourage étant donné qu’elle ne l’était plus pour moi.

Aimer pour un autre

On dit souvent que le chemin vers l’enfer est pavé de bonnes intentions. Je l’ai expérimenté. Je l’ai présenté à mon frère qui me taquinait souvent que je ne lui avais jamais présenté « d’amie ». La rencontre et les présentations eurent lieu chez elle dans un climat sensationnel ; une soirée agréable que je ne suis pas près d’oublier. Comme je l’avais pressenti, mon frère fut fasciné aussi. Avec sa réputation de don juan, j’ai cru obstinément que son intérêt pour elle serait passager. Après tout, ils n’avaient rien en commun. A mon plus grand malheur, le vent changea de direction et Cupidon se trompa de cible selon moi.

 Quelques mois plus tard, elle m’apprit en qualité d’ami proche qu’ils sont officiellement ensemble. En l’espace d’une nouvelle, je venai de tomber de haut, découvrant ce qui se rapproche de près à un état végétatif.  Ainsi débuta mon calvaire, ironiquement trahi par le destin ou le karma. Je m’en voulus de n’avoir pas dit mot sur ce qui grandissait à l’intérieur. J’en voulus à mon frère pour avoir posé son regard sur elle puis à elle pour avoir cédé à ses avances et au ciel et à la terre pour ma peine.

Et maintenant, elle a mis un point à toutes mes illusions et calciné mes espoirs. Meurtri dans mon âme, condamné à être témoin de leur amour, mon cœur se lamente devant l’évidence massacrante de ma situation : non elle n’est pas mienne et elle ne le sera jamais. Je la désirerai toujours la femme de mon frère, elle ne portera que le titre de ma belle-sœur et dans le secret celui de celle qui a ravi et condamné mon cœur.

Les gens autour peuvent se tromper et lire sur mon visage ce qui ressemble à une panoplie d’émotions mais moi au fond je sais ce que ces larmes qui fuitent de mes yeux veulent raconter.

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