Il y a un an, tu scrutais le plafond en pensant à moi.
Ce matin, c’est moi qui scrute le ciel, depuis Bujumbura, à des milliers de kilomètres de toi, en cherchant dans les nuages le reflet de ton sourire. Une année s’est écoulée, tout a tout changé et rien n’a changé à ce que je ressens pour toi.
Cette année nous a donné un fils. Un petit être qui a ton regard curieux et ton impatience, sourit comme s’il savait déjà que le monde est beau, s’agite avec une énergie qui déborde et réchauffe chaque pièce qu’il traverse. Il est notre œuvre commune la plus précieuse, conçue dans l’amour, né dans la joie, et élevé dans l’espoir d’un avenir où nous serons tous les trois réunis.
Quand je le regarde, je te vois. Quand il rit, j’entends ta voix. Et dans ces moments-là, la distance devient presque supportable.
Cette année nous a aussi coûté ta présence. Une présence que je cherche encore dans chaque pièce silencieuse de la maison. Une absence qui n’est pas un vide ordinaire : c’est le son de ta voix le soir, la chaleur rassurante de ta main que je ressens encore. Toi sur la terre de Shakespeare et des pluies grises ; moi au cœur de l’Afrique et entre nous, un océan, quelques fuseaux horaires, et cet amour têtu qui refuse de plier.
Cher I. ;
Tu m’as dit un jour que ton amour est un murmure dans la nuit et un cri dans le vent. Cette année, je l’ai entendu dans chaque message, chaque appel tardif, chaque mot doux glissé dans la journée comme un rayon de soleil entre deux nuages. Tu n’as jamais cessé de me couvrir d’amour, même à distance. Et ça, ça demande une force que j’admire profondément.
Cette année m’a appris que la force n’a pas besoin d’être bruyante. Elle peut ressembler à un homme qui travaille loin de sa famille, sur cette île de brume et de résilience, pour bâtir un avenir meilleur. Elle peut ressembler à des nuits courtes et à des matins courageux. Elle peut ressembler à toi.
Elle m’a appris aussi que moi, j’ai ma propre force. Celle de tenir la maison, d’être mère, d’aimer sans voir, d’attendre sans lâcher. Ce n’est pas la force que j’aurais choisie : j’aurais préféré la tienne, juste à côté. Mais c’est celle que tu m’as inspirée.
Ce que cette année n’a pas changé, c’est la certitude. Cette certitude tranquille, presque enfantine, comme tu l’as si bien écrite, que tu es la bonne personne. Que nous sommes la bonne histoire. Que ce que nous construisons, même à distance, même dans l’effort, vaut chaque sacrifice consenti.
Tu m’avais promis de devenir le roi digne de la reine que je suis. Mon amour, tu l’es déjà. Pas parce que tout est parfait, mais parce que tu t’y appliques chaque jour avec constance, avec amour, avec cette élégance discrète qui t’a toujours défini.
Cher époux,
Je ne t’offre pas de bague. Je t’offre ces mots. La vérité d’une femme qui t’aime de loin et de près, d’hier et de demain. Qui compte les jours sans compter tes absences, parce que même absent tu es présent ; dans notre fils, dans nos projets, dans chaque décision que je prends en pensant à nous.
Reviens vite, pas parce que je ne tiens pas debout sans toi ; j’y arrive, et tu le sais. Mais parce que debout ensemble, on est tellement plus grands.
Bonne première année, mon amour. À notre belle série, toujours en cours d’écriture.
Avec tout mon amour,
Ta femme ; La mère de ton fils ; Ton épouse et Ta meilleure amie.
