Mon cœur était devenu un vulnérable trésor qui n’avait ni valeur ni sécurité nulle part ailleurs que dans ses mains. Elle était devenue mon amie, ma partenaire, ma compagne. Son cœur était devenu ma maison de repos, un monastère pour me repentir et réfléchir à haute voix, un paradis pour honorer les miracles divins......

Le temps d’aimer. 

Sous un beau ciel bleu, complétement dénudé de ses nuages, au bord du lac, le regard vers l’infini, le vent pleurait doucement. L’air effleurait nos peaux à un rythme charmeur pour adoucir l’ambiance et refroidir le sable qui brulait sous nos pieds. A mes côtés était allongé la créature de mes rêves. Toujours souriante malgré sa timidité, son sourire n’avait rien d’ordinaire. Son visage trahissait sa joie et son regard perdu vers l’infini était pleine d’amour ; elle était heureuse.

Je n’avais rien à lui donner en ce moment, à part mes petites blagues parfois farfelues et souvent gauches. Mais elle en riait quand même, à gorge déployée et ça la rendait encore plus jolie. Toute gracieuse et bien menue dans sa petite robe de plage qui dessinait parfaitement ses jolies hanches, bien ronde à l’africaine, elle n’était pas la Mami Wata du lac Tanganyika, mais à la voir là, étendue sur le sable, elle devenait la Mami Wata d’un cœur épris par autant de grâce et de beauté. Tout était parfait pour dissoudre mes anciens chagrins dans un bon cocktail de douceur, d’amour et de plaisir. Je n’avais rien d’autres à demander à part fermer les yeux et dire Amen, avec le moi intérieur qui me rappelait sans cesse qu’il y avait tant de merveilles à apprécier.

Une merveille du monde

De nouveau les yeux ouverts, devant moi se dessinait l’unique merveille à mes yeux. Tel un diamant, ses yeux brillaient de mille feux, épousant la couleur de ce beau ciel, un ciel si rare en pleine période pluviale. Même le cosmos avait préféré boycotter sa cadence habituelle pour s’aligner à la nôtre. La femme allongée à mes côtés était au départ une inconnue qui n’avait pas hésité à m’ouvrir les portes de son cœur. Elle s’était offerte à un autre inconnu qui traversait les pires moments de sa vie, fort las et peu soucieux d’offrir à nouveau son cœur.

Grande a été ma surprise de découvrir une femme intelligente et mature qui se cachait derrière un visage bavard et rieur. Après que cette foudre m’eut frappé, j’étais enfin redevenu un cœur à prendre, une pomme à croquer. Elle voulait un cœur à aimer, pour fusionner au sien. J’étais là pour assoupir sa soif et elle était là pour dissoudre mes chagrins. On était des âmes bien nées dont les cœurs étaient destinés à battre à l’unisson. Mon cœur était devenu un vulnérable trésor qui n’avait ni valeur ni sécurité nulle part ailleurs que dans ses mains. Elle était devenue mon amie, ma partenaire, ma compagne. Son cœur était devenu ma maison de repos, un monastère pour me repentir et réfléchir à haute voix, un paradis pour honorer les miracles divins.

Sous ce beau soleil, à chaque coup d’œil je tressaillais. Quand elle disait je t’aime, sa voix était solennelle. Je ne comprenais pas et je n’avais aucune envie de comprendre. Je ne pipais aucun mot, devenais muet et laisser le cœur battre au son de sa voix.  Pour la première fois, guidé par une profonde et indicible émotion, l’envie m’est venu de m’approcher d’elle. Comme un bout de fer attiré par un aimant, mes lèvres se sont approchées progressivement de ses lèvres au goût de cerise. L’émotion était très intense et les palpitations complètement démesurées. La distance me semblait trop longue. Les yeux fermés, je parvins enfin à atteindre ses lèvres. Elle m’a rendu mon baiser dans un moment bref, intime et délicieux.

Ainsi furent les débuts officieux d’un grand roman d’amour relatant de nuits pleines de rêves et des journées pleines d’engagements, d’envies et de promesses de vivre éternellement l’un à coté de l’autre.

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