Quand l'amour essaie d'entretenir une flamme que l'amitié va essouffler...

Friendzone : de l’espoir à la déception

Le jour continue de décliner.  De retour du boulot, fatigué, j’essaie de trouver une occupation pour détendre mes nerfs dans une perspective d’un doux sommeil. Je prends mon smartphone mais contrairement à mes dernières soirées, à l’autre bout du fil, je n’ai plus personne avec qui bavarder. Aucune notification n’apparait sur mon écran. En un laps de temps, tout s’est écroulé avec Juliette ; celle avec qui je projetais adoucir mes soirées pour le restant de mes jours. Maintenant elle est surement en train d’adoucir les soirées d’un autre, dans ses bras.

L’ombre a envahi ma chambre et je n’ai rien pu trouver pour calmer mes nerfs. Je me retrouve à remuer les débris de mon passé, dans une histoire délusoire en attendant que le temps me répare complétement et sème sa poussière d’oubli. C’est devenu une habitude ces jours-ci.

Juliette, je l’avais connue par l’intermédiaire de sa grande sœur, convaincue que la flamme pouvait s’allumer entre nous. Elle s’était certainement trompée. On avait échangé nos numéros de téléphone et quelques jours après on avait commencé à papoter sur WhatsApp jusqu’à ce que ça devienne comme une drogue. Un alignement vibratoire nous liait déjà. Une romance nous guettait à l’autre bout du fil ; croyais-je.

Les matins je me réveillais heureux parce je passais des nuits douces et les soirs je rentrais dare-dare pour la retrouver à l’autre bout du fil.  21h30 était l’heure habituelle du rendez-vous pour mutuellement enterrer les démons du jour. Je me disais que WhatsApp avait été créé pour nous. Le bonheur était à nous. Je sentais bien nos émotions à travers nos stickers et emojis. Elle répondait à mes avances par une douce timidité que je ressentais instinctivement à travers ses enregistrements audios. Elle était différente, joyeuse et ça la rendait exceptionnelle à mes yeux.

On vivait dans un vortex à nous, un cocon d’égocentrisme collectif, une inertie temporelle où le temps devrait s’arrêter pour ne plus penser qu’à nous. La nuit, les étoiles et la lune nous appartenaient. Elle était la gardienne de mes soirées et je me voyais bientôt le gardien des siennes.  

Illusion et déception …

Au fil du temps, le virtuel et l’idéalisation me donnaient l’intuition d’un danger imminent. Mais le doute se noyait rapidement dans un océan d’espoir et de foi aveuglante. A l’autre bout du fil, elle avait joliment déposé et imposé sa marque en moi. J’étais son pantin et elle y prenait goût. Dans mes convictions, le royaume était déjà bâti. Je n’avais besoin que d’un dernier texto ; juste un seul et le doute devrait être levé. L’instant s’énonçait fragile mais capital. Juste un texto !

– Chère Juliette, ça fait quelques mois qu’on se parle et j’ai l’impression de te connaitre depuis toujours ; ce qui me pousse à croire qu’on était fait pour nous rencontrer et vivre un jour la présente histoire. Cette nuit, avant de te coucher, saches que je tu as conquis mon cœur. Je t’invite alors à écrire avec moi le contenu du livre de cette histoire dont nous avons introduit ensemble les lignes depuis quelques mois.

– Comme tu es romantique ! Tes mots raviveraient les cœurs meurtris.

Tel était le petit message qui m’avait donné un sourire, soulager mes craintes et attendrir mon cœur. Avant de sombrer par un deuxième texto, reçu quelques minutes après le premier.

Je suis sincèrement désolée de t’avoir donné de faux espoirs. Je t’ai toujours considéré comme mon meilleur ami bien qu’on discute souvent au-delà d’une simple amitié. Je suis convaincue que notre amitié est plutôt meilleure que toute autre relation.

Notre histoire n’avait été qu’une imagination bien vive et complètement inféconde. Je m’étais éperdument gaspillé tel un nigaud en faisant du baby-sitting au profit d’un autre type bien tranquille au pays de l’oncle Sam. Quel gâchis ! Sadique qu’elle était, elle n’avait pas hésité à m’inviter aux cérémonies de remise de sa dot qui devraient se tenir bientôt à l’arrivée de son vrai Roméo.

Sonné, je me rendis à l’évidence qu’elle ne sera jamais mienne, que jamais je ne baiserai sa joue, que jamais nous ne serons mari et femme tel qu’on s’y projetait dans nos textos. La déception fut sanglante pour ne laisser qu’une plaie béante au fond de mon cœur avec cette pensée folle et hallucinante qu’elle n’avait pas le droit de me berner et qu’elle avait été ingrate à mon égard.

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