Une histoire avec les mots

Quand je l’ai rencontré, j’étais subjuguée. Comment une telle splendeur pouvait se fondre à petit pas et à bas bruit dans un univers aussi banal ? Un tel trésor n’avait pas sa place ici-bas. Peut-être s’était-il glissé dans notre monde pour nous révéler la magie de nos jours anodins ? Une leçon que les belles choses sont parfois à notre portée, sous nos yeux et qu’il suffit juste d’ouvrir grandement les yeux, de tourner quelques pages pour faire face à l’évidence. C’est ce qui m’est arrivé en feuilletant un livre à l’école secondaire ; comme quand je suis tombée brusquement sur le beau et magnifique poème de ce grand poète qu’est Victor Hugo : « Demain dès l’aube »

En harmonie avec les mots

En lisant des chefs d’œuvre bouleversants, je serai tentée de décrire la sensation que j’ai eue, comparable à la fois où Jésus a été baptisé par Jean Baptiste. Le ciel s’est ouvert devant moi même si je n’ai pas entendu la voix du Seigneur me révéler quoi que ce soit. Ce jour-là a marqué un nouveau tournant dans ma vie. J’ai retrouvé deux états d’âmes qui tendent à disparaître par à-coups : la paix et le bonheur. J’ai alors voulu déchiffrer ce secret que regorge les mots, cette vertu de guérir les cœurs et d’apaiser les âmes. Pourtant, j’avais toujours lu mais l’évidence de la magie qu’a opéré ces livres fut flagrante en parcourant les lignes parfaites des grands poètes.

Aujourd’hui, je vis une belle histoire avec les mots. Ça fait une dizaine d’années que nous sommes liés. Je dois beaucoup aux livres qui ont aiguisé ma pensée et m’ont transmise une tout autre vision du monde. Le « Petit Prince » de Saint-Exupéry, une preuve que dans la simplicité se cache une sagesse et des merveilles inouïes. Il m’a connecté aux belles valeurs du monde que nous avons tendance à oublier et à délaisser. « L’alchimiste » de Paulo Coelho, un livre qui m’a rappelée combien c’était précieux de poursuivre ses rêves et ses ambitions (sa légende personnelle).

Un pas vers l’écriture

Quand les aléas de la vie me mettaient en proie à de grandes émotions, je brûlais d’envie d’écrire. Je suis devenu alors ce genre de personnes qui doivent impérativement écrire pour ne pas étouffer à l’intérieur. Je me retrouvais dans les écrits de Rainer Maria Rilke dans ses « Lettres à un jeune poète ». L’immense Rilke que j’ai découvert par hasard disait : « Si vous pensez que vous pouvez continuer à vivre sans écrire, n’écrivez pas. » Justement avant de découvrir ce poète, j’avais remarqué que je ne pouvais pas abandonner l’écriture. Cette satanée plume me rattrapait toujours. Par envie, par nécessité ou par ennui.

Quand j’ai commencé à tenir la plume, je me sentais parfois indigne et illégitime ; je n’avais pas l’assurance de Camus, le génie de Maupassant ou la légèreté de Yourcenar. Avec le temps, je me suis acharnée à écrire, à peaufiner mes vers dans l’espoir de créer à mon tour une perle rare. Je ne voulais pas juste écrire pour écrire. Loin de là ; je voulais effleurer les âmes et devenir l’écrivain du bonheur comme Jean d’Ormesson. Au début, ma petite sœur et quelques amis étaient mes seuls lecteurs. Mes sincères remerciements à K. S, A. C et N. A, ces êtres chers qui ont cru en moi depuis le départ. J’ai produit mes poèmes le cœur rempli d’amour, de dévouement et de considération pour ceux qui me poussaient de l’avant. Depuis, j’ai toujours une plume à portée de main et un livre à mon chevet.

Une réflexion sur « Une histoire avec les mots »

  1. Chère Karell, compte moi désormais parmi tes lectrices.
    Ton ancienne camarade de Classe, Céleste.

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